Le justicier vs. le méchant malgré lui et le vraiment très méchant

Le film Glass est sorti le 26 janvier dernier, et rien qu’à la bande-annonce, lorsque j’ai appris qu’il faisait partie d’une trilogie, j’ai immédiatement voulu les marathoner. En effet, j’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’un film à part entière, mais il conclut en réalité une trilogie composée de Incassable, sorti en 2000, et de Split, sorti en 2016 (pensant d’ailleurs aussi que ce dernier été un one-shot).

Les trois films ont été scénarisé et réalisé par M. Night Shyamalan, de son vrai nom Manoj Nelliyattu Shyamalan. Il est notamment connu pour être à l’origine de films tels que Sixième Sens, 1999 et After Earth, 2013. À l’instar de Steven Spielberg, Shyamalan aime faire des clins d’oeils en apparaissant ainsi lui-même à l’écran dans les films qu’il réalise. On le rencontre ainsi dès le premier opus en tant que dealer de drogue dans le stage universitaire dans lequel le personnage principal travail en tant qu’agent de sécurité. 

Incassable

Lorsque M. Night Shyamalan a écrit le scénario d’Incassable, lors du tournage de Sixième Sens, il n’était pas spécialement prévu qu’il y ait une suite. Le projet prenant cependant forme petit à petit, il propose à Bruce Willis, avec qui il travaillait sur Sixième Sens, d’y prendre part. L’acteur obtient ainsi l’un des deux rôles principaux de ce premier volet.

Le film s’ouvre sur un accident ferroviaire relativement meurtrier à l’exception d’une personne : David Dunn (Bruce Willis). Au delà d’être l’unique rescapé, il en ressort sans la moindre égratignure, à la plus grande surprise et l’incompréhension de tous. Une personne a malgré tout une théorie à proposer à cet homme au premier abord un peu ordinaire, quoique peut-être un peu plus costaud que la moyenne. Il s’agit d’Elijah Price, un homme atteint d’une maladie rendant ces os aussi fragile que du verre. Il est également depuis tout petit un grand fan de comic books, dans lesquels les héros représentés s’inspirent généralement de personnes réelles et à la base tout à fait banales jusqu’à ce qu’un évènement les rendent extraordinaires. L’un est incassable, le second est son contraire. Elijah, expert de ces bandes dessinées à l’américaine, soupçonne qu’elles se basent réellement sur des personnes existantes ou ayant existées.

Ce film ressemble presque à un parcours initiatique dans lequel le protagoniste cherche à découvrir qui il est vraiment, ayant toujours pensé être ordinaire jusqu’à ce que quelque chose d’extraordinaire lui arrive. Il reprend la base narrative des comics avec ce monsieur-tout-le-monde en pleine remise en question qui rencontre un homme qui semble avoir les réponses à toutes ses questions. Une sorte de mentor pour éventuels super-héros.

Avec Incassable on se prend une grande claque du début à la fin. Il s’agit certes d’un film de super-héros, mais ici pas de d’yeux-lasers ou de personnages en slip. Les super-héros sont comme nous. Il n’y a pas d’effets spéciaux à tout bout de champ, leurs pouvoirs résidant dans leur force, leur intellect. Et pour ma part j’ai pris cela comme une grande bouffée d’air frais. J’aime bien les films de super-héros en slip aussi, mais là c’était différent, et vraiment appréciable.

Split

À première vue, Split n’a aucun rapport avec son prédécesseur. Dans ce deuxième volet, on découvre un nouveau personnage, ou plutôt une vingtaine de nouveaux, sous l’apparence physique d’un seul et même homme : Kevin Crumbs. On comprend rapidement que ce protagoniste est atteint de schizophrénie se manifestant sous l’apparition de 23 personnalités différentes. Allant de l’enfant de neuf ans enfermé dans un corps d’adulte, à une femme enfermé dans celui d’un homme, en passant par un designer de mode et un maniac de la propreté. Se succèdent ainsi Hedwig, Madame Patricia, Barry et Dennis pour prendre chacun leur tour la lumière et agir sans que les autres aient leur mot à dire.

La maladie de Kevin s’est manifestée à la suite d’un évènement traumatique de son enfance, et ses alters-ego ont décidés de se venger en faisant souffrir ceux n’ayant pas connu un passé difficile. Tandis que certains ne veulent pas du tout apparaître et préfèrent rester discrètement dans l’esprit de leur hôte, d’autres veulent absolument prendre le dessus et crée une ligue schizophrénique dans le but de rendre justices aux « brisés ». Il y a finalement une dualité qui se met en place dans l’esprit du jeune homme, n’étant lui-même plus capable de prendre et d’ainsi contrôler ses multiples personnalités. Les deux personnalités à la tête de ce combat sont Dennis et Madame Patricia qui font tout pour prendre le dessus sur les autres, et d’ainsi aider un nouvel alter-égo à émerger. Certaines desquelles doivent subir des transformations non pas seulement psychiques, mais également physiques. C’est le cas avec ce nouveau venu qu’est la Bête ; un être très imposant aux capacités physiques surhumaines. Alors que Dennis et Madame Patricia semblent être le cerveau des opérations, la Bête est quant à elle le muscle. Elle n’apparaît que succinctement pour la majorité du film, le temps qu’elle se dévoile. Jusqu’à ce qu’elle prenne enfin la lumière, Split avait jusque là une allure de thriller plutôt soft, mais une fois que la Bête rentre en scène, elle transforme presque l’histoire en film d’horreur. Mais rassurez-vous, je ne supporte pas l’horreur et j’ai pourtant adoré ces passages tant la réalisation était juste.

Cet opus a une atmosphère bien plus dramatique et pesante que le précédent, qui est exacerbé par l’incroyable jeu d’acteur de James McAvoy qui jongle tout au long du film entre différents rôles, afin d’interpréter les différentes personnalités de Kevin. Il y a notamment une scène qui avait marqué les esprits dès la sortie du film, dans laquelle il enchaîne l’interprétation de plusieurs personnages en un seul plan séquence. Il avait déjà prouvé son talent dans X-Men en tant que Professeur Xavier, et ne fait que le confirmer avec Split.

Glass

Je vous disais un peu plus tôt que Split n’avait guère de rapport avec Incassable, ce qui est vrai la grande majorité film, sauf les dernières secondes. En effet, on y aperçoit David Dunn prenant connaissance des méfaits de la Bête, ce qui offre une fin s’ouvrant sur le synopsis du troisième et dernier volet qu’est Glass. Dans celui-ci sont enfin réunis les trois protagonistes, David Dunn, Elijah Price et Kevin Crumbs, et leurs destinées se lient encore davantage.

Tout comme ce fut le cas dans les deux premiers films, celui-ci se base sur le schéma narratif des comics et apporte une conclusion dans un combat final entre le « gentil » et le « méchant », tout cela orchestré par un élément extérieur. Se voulant être une conclusion à la trilogie, Glass avait bien des éléments sur lesquels revenir afin de marier avec fluidité chacun des récits, tout en en créant un nouveau. Cela a été réalisé avec beaucoup de talent, malgré un second quart durant lequel on s’ennuie un peu… Petit coup de mou lors de ce passage d’installation du nouveau scénario, mais Shamayalan a su se rattraper sur le reste. Alors que dans les deux premiers films on s’attardait davantage sur la personnalité de chacun des protagonistes, ici c’est le scénario qui est mis en avant. Parfois au détriment de certains éléments peut-être futiles, mais qui auraient pu être approfondi. Disons que je n’aurais pas dis non à quelques minutes supplémentaires.

Alors que la Bête a encore sévit, un affrontement entre elle et le Superviseur ( aka David Dunn) leur vaut un petit séjour dans une unité psychiatrique aux côtés de celui qui se fait désormais appelé M. Glass : Elijah Price. Alors qu’une médecin plus que déterminé tente de les convaincre que toutes ces histoires ne sont que dans leur tête, et qu’il n’est en aucun cas possible pour un homme de marcher sur les murs comme semble savoir le faire la Bête. Selon elle, toutes ces actions plus incroyables les unes que les autres ne sont que le fruit de leur imagination, une réaction de leur subconscient face à un évènement traumatique. Nos héros entament ainsi une nouvelle période de doute, durant laquelle ils sont constamment confrontés à leurs plus grandes peurs. Mais ces manipulations ne fonctionnent pas sur tous : Elijah Price reste plus que jamais camper sur ses positions et souhaite offrir la preuve au monde entier que les super-héros ne sont pas que des individus appartenant à la fiction, et qu’ils ont bel et bien leur place dans le monde réel.

Ce qui a pour moi rendu ce film un peu moins entraînant que les deux premiers est probablement dû au fait qu’une bonne partie du scénario se déroule en huit clos au sein de ce centre. Mais la fin en vaut mille fois la peine. Que dis-je, des milliers ! Bon peut-être pas, ou peut-être que si. Je suis encore bouche bée (pour ne pas dire sur les fesses) de cette fin.


Globalement, j’ai trouvé cette trilogie tout simplement excellente. Mais j’ai malgré tout mon petit préféré dans le trio, cela reste Incassable, avec Split en seconde position et Glass en troisième. Pas très original comme classement puisqu’il suit l’ordre de sortie. Cela ne signifie cependant pas que l’histoire perd en puissance au fil des films, mais simplement que le premier était tellement puissant qu’il n’a pour moi pas su être dépassé par les suivants. M. Night Shyamalan, le réalisateur, a pour moi été une très belle découverte et j’ai déjà hâte de découvrir ces prochains projets. Tout comme James McAvoy, aka Kevin, et Anya Taylor-Joy, aka Casey, la victime de l’alter-égo le plus violent du schizophrène. J’espère retrouvée une aussi bonne trilogie très vite, mais quelque chose me dit que ce ne sera pas de si tôt. À moins que vous ayez des recommendations à me faire ?

Culturellement,
Pauline

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Commencez à saisir votre recherche ci-dessus et pressez Entrée pour rechercher. ESC pour annuler.

Retour en haut