Publie.net : 10 ans de numérique

Publie.net : 10 ans de numérique

Alors que le premier livre électronique naissait en 1971 grâce au Projet Gutenberg, l’édition numérique a depuis quelque peu évolué : en effet, désormais plus question de livre numérisé disponible en ligne mais bel et bien de véritables fichiers numériques disponibles sur divers supports sans jamais risquer la rupture de stock ! Bien que difficilement accueilli en France lors de son importation massive suite à son succès américain, le livre numérique a su conquérir 16% des lecteurs au cours des 5 dernières années.

Graphique de l'évolution des usages du livre numérique entre 2012 et 2017 - Baromètre des usages du livre numérique, SNE
Graphique de l’évolution des usages du livre numérique entre 2012 et 2017 – Baromètre des usages du livre numérique, SNE

Un progrès très encourageant donc, puisqu’en 2016 « le chiffre d’affaire de l’édition numérique française [ s’établissait ] à 234 millions d’euros, affichant une progression de 29,7% par rapport à l’année précédente. » Il lui aura donc fallu un petit temps d’adaptation, mais le livre numérique, et ses dérivés, semble bien avoir fait son nid dans les habitudes de lectures des français !

Mais en fait … le livre numérique, c’est quoi ?

Bah oui c’est vrai je parle de livre numérique depuis tout à l’heure, mais concrètement, qu’est-ce que c’est ? Ça peut être plein de choses différentes parce-qu’il en existe sous différentes formes et formats, mais le plus répandu d’entre eux reste le format ePub créé par l’IDPF (International Digital Publishing Forum). Le projet de base, initié par le Projet Gutenberg mentionné plus tôt, permettait de mettre à disposition des fichiers homothétiques du livre de base – c’est-à-dire un fichier qui reprenait à l’identique le contenu du livre papier, sans transformation de mise-en-page par exemple. Différents formats de fichiers permettant la lecture de livres numériques existent, mais le plus utilisé est l’ePub, qui depuis sa troisième version sortie en 2011 permet l’intégration de videos, de fonctions interactives, d’animations et de sons. On est donc bien loin du simple livre papier. Pourtant la combinaison des deux n’est pas impossible : en effet, des maisons d’éditions telles que Publie.net ont su allier les deux ennemies pour en faire des partenaires complémentaires.

Dessin de Frédéric Deligne

Alors que nombreuses sont les maisons d’édition ayant débuté par le papier pour ensuite se tourner vers le numérique, Publie.net a décidé de tout faire à l’envers. D’abord une maison d’édition exclusivement numérique elle s’est peu à peu tourné vers  le livre papier et notamment le Print On Demand.  Et le petit plus c’est que quand on achète la version papier de l’un de leurs ouvrages, la version numérique est disponible gratuitement par snapcode au début du livre ! Si c’est ti pô merveilleux tout ça.

Quel avenir pour le livre numérique?

C’est bien beau tout ça, mais est-ce que cela va s’arrêter là, ou est-ce qu’il y a encore des évolutions possibles dans ce secteur ? Avant de répondre à cette question, faisons un petit état des lieux. Selon l’étude menée par le SNE, la SGDL et la SOFIA, (Baromètre des usages du livre numériqueles lecteur de livres numériques sont en hausse bien qu’ils laissent de plus en plus de côté leur outil de lecture numérique  de base (tablette, liseuse) en faveur de leur smartphone. Alors qu’en 2012 les lecteurs de livre numérique sur smartphone étaient 27%, ils étaient en 2017 34%, et on peut imaginer que ce chiffre n’ira qu’en grandissant.

Allons donc faire un tour dans la DeLorean du Dr Brown et voir ce que l’avenir nous réserve… Lors d’un cours avec ses étudiants en DUT Information-Communication – Métiers du Livre, Olivier Ertzscheid, maître conférencier en science de l’information et de la communication,  leur a proposé d’imaginer le monde éditorial numérique de 2015, qu’il a par la suite partagé sur son blog. C’était en 2011, et si l’on regarde de plus près leurs réponses, certaines se sont déjà réalisées. Les livres papiers font de plus en plus de place pour laisser rentrer en scène les livres dits « enrichis », c’est-à-dire des histoires, parfois sous forme de transmédia, bénéficiants de compléments numériques tels que des sons,  ou des animations (vrai). Pas évident de transmettre au tout petit l’amour du livre papier lorsqu’on leur met entre les mains des tablettes dès leur plus jeune âge (vrai aussi…). Le livre papier a entièrement disparu pour laisser uniquement place aux écrans (faux! du moins pour l’instant…). L’impression à la demande progresse et prend davantage de place sur le marché du livre papier (hmm… vrai mais pas à ce point là non plus – seul 3 imprimantes proposant ce type de service existent en librairie sur tout le territoire français). La rémunération des auteurs sur les e-books se fait à la page lue (malheureusement peut-être vrai – Amazon a déjà mis ce système en place pour ses auteurs de Kindle Direct Publishing !). Tous les ouvrages numériques sont équipés de DRM empêchant le prêt (vrai… mais aussi faux. Pour en savoir plus à ce sujet direction le prochain paragraphe !).

En effet, de plus en plus d’éditeurs équipent aujourd’hui leurs fichiers de DRM (Digital Right Management) – un genre de watermarking limitant le partage du dit fichier et contrôlant son usage. Ça vous est déjà arrivé d’acheter un CD puis de l’écouter sur votre ordinateur, puis dans votre voiture, puis dans celle d’un ami, puis sur la chaine Hi-Fi de votre mère, puis … ah non, désolé, ça ne fonctionnait que jusque dans la voiture de notre pote parce-que le CD avait une protection vous empêchant de le lire sur plus de trois appareils différents. Les DRM, en gros, ça sert à ça (à vous faire %?£$! quoi). Eh bien maintenant, c’est un peu la même chose mais pour les bouquins. Mais là si vous voulez le prêter, ou le lire sur un autre appareil : impossible. Fort heureusement -youpi on est content – une version light des DRM existe (DRM LCP : Digital Rights Management Licenced Content Protection) permettant le prêt, mais tout en régulant le nombre de copie d’un ouvrage en circulation. Si vous désirez prêter votre livre à un ami, vous ne pouvez pas le lire pendant cette période – en même temps vous allez me dire, quand on prête un livre papier c’est pareil, donc pourquoi pas après tout, mais bon l’idée du livre numérique à la base c’est quand même qu’on puisse avoir davantage de libertés avec celui-ci. Bon là où on est vraiment content, c’est que ces DRM ne sont pas obligatoire, et libre à l’éditeur d’en mettre, ou non.

 

Publie.net, ce héros …

Et c’est là qu’on dit à Publie.net qu’on les aime vraiment beaucoup parce-que comme Logo Publie.netl’a encore précisé Guillaume Vissac, éditeur chez Publie.net, lors d’une rencontre au Lieu Unique de Nantes en février dernier, « on n’aime pas voir des DRM, alors on en met pas dans nos livres ». Bien dit, Guillaume, bien dit ! Bah c’est vrai quoi, on ne fait pas aux autres ce qu’on n’aime pas qui nous soit fait. Du coup quand on achète un livre numérique chez eux, on en fait ce qu’on veut ! Le fichier nous appartient et si on a envie de le prêter à toute sa famille parce-qu’on a adoré ce bouquin, on peut. Là où ils sont encore plus fort chez Publie.net, c’est que ce fichier numérique on peut l’avoir gratis lorsqu’on achète le livre papier grâce à un QR code au début de l’ouvrage. Ainsi, on se garder la jolie version papier pour soit, et prêter le fichier à sa cousine sans avoir peur de le retrouver déchiqueter et tout gondolé par une tasse de café qui se serait malencontreusement renversé dessus. Là si elle renverse sa tasse, c’est sa liseuse qui prend, et c’est pas notre problème (sauf si en plus du fichier, on lui a aussi prêté notre liseuse…) !

Bandeau 10 ans Publie.net

Pour en revenir au fonctionnement de cette maison d’édition pas comme les autres, soulignons d’abord qu’elle a depuis peu (fin mars) 10 ans, alors, joyeux anniversaire Publie.net ! D’abord un site web où y était simplement publiés des écrits, publie net s’est vite transformé en maison d’édition, mais exclusivement numérique. Ça c’était donc en 2008 – un gros pari puisque comme je vous l’ai expliqué plus haut, le livre numérique en France n’a pas décollé depuis si longtemps que ça. Ils ont donc dû se diversifier un peu à coup d’impression à la demande et de livre papier, mais comme l’explique Olivier Ertzscheid au sujet de son ouvrage Classique connectés publiés chez eux, lorsque l’on passe d’un format à l’autre, il ne s’agit pas d’une impression du fichier numérique ou d’une transposition homothétique de l’ouvrage – au contraire, chaque support offre une expérience unique au lecteur.

Du coup, je ne sais pas ce que vous en pensez, mais pour moi Publie.net c’est la maison d’édition à suivre en ce qui concerne le numérique et ses dérives car ils ont une folle tendance à avoir les bonnes idées avant les autres.

Culturellement,
Pauline.

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