Mission d’infiltration à Premiers Plans

Le Festival Premiers Plans s’est de nouveau inscrit dans le paysage culturel angevin pour sa 32ème édition, du 17 au 26 janvier 2020. Initié en 1989 par Claude-Éric Poiroux, le festival présente chaque année à son public les « premiers plans » d’une centaine de jeunes réalisateurs. Mais d’ailleurs, pourquoi « premiers plans » ? Parce-que les réalisateurs viennent y présenter leur premier long ou court métrage, soit les « premiers plans » qu’ils diffusent au public.

Cette année cette sélection se découpe en plusieurs catégories : premiers longs métrages, européens et français ; premiers courts métrages, européens et français ; films d’écoles européens ; plans animés européens ; et petite nouvelle de cette année : la catégorie « Diagonales » . Cette nouvelle compétition met en avant des films venus de France et d’Europe au format, à la forme, à la narration et à la durée différentes.

À chaque catégorie, une compétition, et à chaque compétition : un jury ! La compétition largement anticipée par le public est la section de longs métrages, français et européens.  Le jury de cette catégorie se composait de Juliette Binoche, actrice et présidente de cette édition de la compétition ; Sophie Hunger, actrice, compositrice, interprète ; Sarah Suco, actrice, réalisatrice, scénariste ; Lukas Dhont, réalisateur, scénariste ; et Franco Lolli, réalisateur et scénariste. 

Au delà de présenter de jeunes réalisateurs européens et de les mettre sur le devant de la scène angevine, le Festival Premiers Plans se fixe bien d’autres objectifs mettant au centre de leur intérêt l’univers cinématographique, notamment par sa diffusion et accessibilité auprès de tous. La programmation du festival ne se concentre pas uniquement sur cette centaine de films en compétition, mais propose également des rétrospectives sur des génies du genre tels que Raymond Depardon et Claudine Nougaret, un duo reconnu pour la retranscription sans artifice de moments clés, permettant un accomplissement du réel sur grand écran. Présents cette année sur le festival et incarnants la catégorie « rétrospective », le duo a annoncé les débuts de séances et a participé à des discussions en fin de projection pour les quelques 17 longs métrages projetés sur les 21 réalisés par Depardon. 

L’un des atouts majeurs de ce festival repose selon moi dans la diversité des actions et activités proposées au public tout au long de la semaine. Plutôt que de leur proposer une sélection de films et se dire que cela va suffire, le Festival Premiers Plans va bien plus loin dans sa démarche. Des partenariats en tous genres ont eu lieu avec diverses écoles et universités du coin, notamment avec la mise en place d’un Jury Étudiants. Comme je le disais précédemment, le festival a pour objectif d’attirer et former un nouveau public pour le cinéma européen en privilégiant la participation active des jeunes spectateurs et en organisant des rencontres avec l’ensemble des acteurs du cinéma contemporain

Pour cette nouvelle édition, le nouveau Centre des Congrès d’Angers a été investit comme lieu central de tous les évènements importants de la semaine. C’est là qu’ont eu lieu les cérémonies d’ouverture et de clôture mais également des ateliers permettant de faire découvrir différentes manières de raconter des histoires pour les initiés comme pour les débutants. Un atelier de Mash Up était ainsi proposé au public, ainsi qu’un studio d’animation. La technique du Mash Up m’a beaucoup intrigué car elle reprend les codes du DJing et du VJing sans en être pour autant. Elle nécessite une table de Mash Up sur laquelle on dispose des cartes sous laquelle se situe un QR code lu par un capteur disposé sous la table. Une fois le QR code lu et décodé par la machine l’image est projetée et jouée sur un écran. On peut ainsi créer des enchainements d’extraits de films, y ajouter une bande son et des effets sonores pour inventer et raconter une toute autre histoire. On se croirait presque dans Harry Potter avec ces photographies qui prennent vie ! Les possibilités sont infinies. 

« Ce Festival est à l’opposé du Festival de Cannes : tout le monde rencontre tout le monde, les metteurs en scène, les scénaristes, les producteurs, les spectateurs, les aspirants au cinéma etc. »

Jeanne Moreau pour France Inter (2010)

Insider : dans la peau d’une bénévole

Pour cette édition, qui était d’ailleurs ma toute première, je me suis immiscée dans l’équipe s’occupant des réseaux sociaux pendant le festival. Nous étions ainsi une petite vingtaine de personnes à se relayer sur différents créneaux tout au long de la semaine afin d’assurer une couverture sur Facebook, Twitter et Instagram des divers évènements en cours. Il fallait donc se tenir au courant des changements de programme de dernière minute, de l’arrivée de telle ou telle personnalité afin d’avoir quelques images à partager sur les réseaux. 

Pour moi qui suis étudiante en communication c’était une superbe expérience — un peu de concret après un semestre rempli de cours théorique, ça ne m’a pas fait de mal. Je commençais presque à oublier comment on ouvrait une page internet à force… Au delà de la gestion des réseaux sociaux, cette semaine a également été l’occasion pour ma part de dépoussiérer un peu Sherlock, mon appareil photo. On était un peu fâché depuis quelques temps lui et moi je crois, je n’avais plus vraiment d’inspiration pour m’en servir, je ne savais pas quoi photographier. Premiers Plans m’a redonné une excuse pour sortir ce bon vieux boîtier de sa cachette et d’enchaîner les déclenchements.

Parmi les quelques 335 personnes participant au bon déroulement du festival, se cachaient pas moins de 270 bénévoles. L’organisation d’un festival, c’est une chose ; le déroulé du festival en lui-même en est une autre, et cela demande souvent beaucoup de petits bras supplémentaires, et ce dans tous les domaines. Ainsi l’équipe bénévole a cette année réunit des membres, angevins ou non, pour aider aux réseaux sociaux, comme c’était mon cas, mais également en photographie, en régie, en accueil des publics et des artistes, en traduction, etc. Faire du bénévolat, notamment sur un festival, est une expérience très enrichissante dont il faut profiter dès que l’occasion se présente. En plus de rencontrer un public de passionnés, cela nous permet de (re)découvrir l’envers du décor d’un festival. Ce n’est, selon moi, qu’en faisant partie de l’équipe d’un festival que l’on peut réellement se rendre compte de toute la machinerie qui se cache derrière l’organisation d’un tel évènement. Alors si un de ces jours vous en avez la possibilité, n’hésitez pas à aller offrir quelques heures de votre temps à un évènement près de chez vous, ils sauront vous en remercier comme il se doit !

Sur ce, je vous laisse avec quelques unes des images que j’ai pu capturer tout au long de cette semaine.

Culturellement,
Pauline

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