Victor Hugo, entre égocentrisme et philanthropie

Victor Hugo était au 19ème siècle bien en avance sur son temps avec ses idées avant-gardistes pour l’époque. Un ovni pour ses pairs, il a su enfiler diverses casquettes au cours de sa vie – bien que celles-ci eurent toujours gravité autour des arts et de la politique. Victor Hugo est effectivement connu pour ses activités d’écrivain, qu’il s’agisse de poèmes, de pièces de théâtre, de romans ou de pamphlets, mais il a également été un acteur clé de la politique tout en occupant une place à l’Académie Française. Et lorsque toutes ses activités ne lui prenaient pas l’entièreté de son temps, il s’essayait également au dessin et à la peinture.

140 Grande rue, Besançon

Le 26 février 1902, Victor est né au 140 Grande Rue, à Besançon. À cette adresse, se trouve aujourd’hui encore la bâtisse qui l’a vu naître, mais plutôt que d’abriter la vie d’une famille elle voit désormais défiler des centaines de visiteurs par an. Contrairement aux autres logements que l’auteur a occupé au cours de sa vie, il ne s’agit cependant pas ici d’une maison-musée, où la décoration est restée telle quelle et où l’on peut admirer des objets lui ayant appartenu. Et pour cause, il n’y a vécu que 6 semaines, pour ne jamais y remettre les pieds par la suite. Même si j’aimerais un jour visiter l’un des lieux dans lesquels il a vécu – notamment Hauteville House à Guernesey – j’apprécie la décision d’avoir fait de ce lieu un musée de l’homme et ses idées, plutôt qu’une exposition du mobilier de l’époque.

La maison se compose de trois étages. Un rez-de-chaussée où l’on retrouve quelques citations, photographies et sculptures de l’écrivain ; un sous-sol où est diffusé en boucle divers interviews de spécialistes et fins connaisseurs de l’homme ; et enfin un étage où l’on peut se plonger dans ses idées et combats de l’époque que l’on retrouve encore aujourd’hui.

Pour les fins connaisseurs de son oeuvre, vous apprécierez de découvrir l’homme plutôt que ses textes dans ce lieu. Cependant, moi qui ne connaît finalement que très peu son oeuvre, j’aurai aimé qu’elle y soit un peu plus présente. Quelques citations se fondent parfois dans le décor, mais un seul de ses roman est mis en lumière. Il s’agit d’une première édition de Les Misérables, publié en 1862 – probablement son récit le plus célèbre ayant connu, parfois subi, diverses adaptations au fil du temps ; ainsi qu’un objet se rapportant à cette même histoire. Mais au delà de cela, le musée se concentre principalement sur l’homme et ses actions politiques et leurs répercutions sur notre société actuelle.

Victor Hugo, l’égocentrique

Dans l’une des vidéos présentées au sous-sol de la maison natale, son biographe, Jean-Marc Hovasse, raconte que des gens venaient de toute part du pays, et parfois même de l’étranger, juste pour le rencontrer. Certains allaient jusqu’à s’évanouir ! Je ne sais pas si j’irai jusqu’à perdre connaissance si je rencontrais mon auteur(e) préféré(e) mais au vu de la grandeur de l’homme, il n’est pas si étonnant que l’on soit venu d’aussi loin pour faire sa connaissance. Malgré l’impressionnante stature qu’il occupait aussi bien en tant qu’écrivain qu’en tant qu’homme politique, Victor Hugo serait toujours resté un homme abordable. Jean-Marc Hovasse, en témoigne en se basant sur différents écrits de personnes l’ayant rencontré. Ce recul, et surtout cette bienséance dont il aurait fait preuve, ne l’aura cependant pas empêché d’être fier ce qu’il a accompli et d’avoir conscience de son importance. En effet, dans la lettre qu’il adresse aux bisontins en 1880, il va jusqu’à se décrire lui-même comme « une pierre de la route où marche l’humanité ». Difficile de faire plus modeste selon moi. Certes, cela peut être vu comme très égocentrique, mais après-tout, lui-même se surnommait « Égo Hugo ». Entre ses connaissances et sa prestance, je ne saurai trop dire ce qui a finit par lui donner une telle importance, mais il a su en faire bon usage en défendant différentes causes. Et spoiler alert, on se bat encore aujourd’hui pour ces mêmes causes.

Victor Hugo, le philanthrope

Au tout début de cet article je vous expliquais que Victor Hugo était en avance sur son temps, et pour cause. Il a défendu corps et âme les droits de l’homme, mais aussi ceux de la femme, et également la liberté d’expression et se battait contre la censure qu’il a dû lui-même contourner à plusieurs reprises. 

Tout l’étage de la Maison Victor Hugo est ainsi dédiée à ses combats politiques. Il semblait vouloir utiliser ses compétences d’écrivain pour dénoncer, parfois caricaturer, le système politique sous lequel il vivait et les inégalités qui s’y présentaient. Tout comme Balzac avec La comédie humaine, ou Dickens avec Oliver Twist, il se servait de ses récits pour mettre en lumière le fait que l’on ne nait ni bon ni mauvais, mais que c’est bel et bien le contexte dans lequel on entre dans ce monde qui en décide pour nous. Pour Victor Hugo, son oeuvre dénonciatrice par excellence est Les Misérables. En prenant comme sujet des personnages à qui la chance semble constamment tourner le dos, ces auteurs ont su exposer les défauts de leur société et ont été à plusieurs reprises censuré pour les mêmes raisons.

Ainsi, l’un des combats principaux de Victor Hugo a été contre la censure et pour la liberté d’expression. Dans cette pièce, des organisations très connues telles que Amnesty International ou Unicef sont représentées, et exposent le rapport entre leurs idéaux et ceux qu’un auteur du 19ème siècle avait déjà. De quoi nous dire que depuis, peu de progrès a finalement eu lieu… Mais trêve de pessimisme, cela m’a permis de découvrir une troisième organisation dont je n’avais jusqu’alors jamais entendu parler : Reporters Sans Frontières. Il s’agit d’une organisation internationale se battant pour la liberté de l’information : le droit d’informer, mais également celui de l’être. Si comme moi vous ne les connaissiez pas, je vous invite vivement d’aller les découvrir. 


Finalement, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre avec ce musée en y entrant, et je ne savais pas non plus quoi en penser en en sortant. Après quelques jours de réflexion, je suis plutôt fan du concept. Au premier abord j’ai été un peu déconcertée de voir que son oeuvre était si peu présente, ou tout du moins, d’une manière à laquelle je ne m’attendais pas. Mais ce fut une agréable surprise de découvrir les combats de cet écrivain dont l’on retrouve des traces partout dans la ville de Besançon. Ce que j’ai d’autant plus apprécié ce fut la simplicité de la scénographie : pas de feu d’artifice et plus de place pour se concentrer sur les nouvelles connaissances dont on s’imprègne au fil de la visite. 

Culturellement,
Pauline

Un commentaire pour “Victor Hugo, entre égocentrisme et philanthropie

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Commencez à saisir votre recherche ci-dessus et pressez Entrée pour rechercher. ESC pour annuler.

Retour en haut