Le miniaturiste – Jessie Burton

Le miniaturiste – Jessie Burton

Il y a des livres qu’on a dans sa bibliothèque depuis tellement longtemps, qu’on ne sait même plus comment ils sont arrivés là. On sait qu’ils existent, et on sait même précisément sur quelle étagère et à côté de quel autre ouvrage ils se trouvent. Et pourtant, on ne se souvient pas les y avoir mis, et encore moins comment on se l’est procuré. Le Miniaturiste de Jessie Burton est un de ces livres-là pour moi. Je l’ai sortie de son étagère au début de l’été, et je l’ai terminé il y tout juste quelques jours … Il fait certes 430 pages, mais jamais je n’aurais pensé mettre deux mois à le lire ! Cela n’a cependant rien à voir avec le contenu du livre. Au contraire, j’ai adoré cette histoire. L’excuse que je me suis trouvé pour avoir mis autant de temps à finir cet ouvrage est la suivante : étant donné que je ne suis pas partie en vacances cet été, lire une histoire se déroulant à l’étranger me permettait de voyager un peu en même temps, j’ai donc simplement fait durer le plaisir pour partir en vacances au moins mentalement si pas physiquement. C’est une bonne excuse, non ? En tout cas moi, elle me va.

En effet Le miniaturiste prend place en Hollande, et plus précisément à Amsterdam. Et encore mieux que ça : à Amsterdam, au XVIIème siècle ! Pour vous mettre un peu au jus, mon grand dada (ou damdam en l’occurence, vu que ça se déroule à Amsterdam …) en terme de littérature depuis quelques années, c’est les romans historiques. C’est vraiment le genre littéraire par excellence dont je ne pourrais jamais me passer. Trève de blabla pour le moment et voici le synopsis :

La jeune Petronella Oortman ne s’attendait certainement pas à cela lorsqu’elle franchit la porte de sa nouvelle demeure à Amsterdam, laissant derrière elle sa famille dans sa campagne natale. Elle qui pensait connaitre le grand amour malgré ce mariage arrangé, Petronella se retrouva bien seule avec ses rêves inaccomplis. En guise de cadeau de mariage, son époux, Johannes Brandt, un marchand très reconnu, lui offre une maison de poupée à l’effigie de celle qu’ils occupent. Prenant d’abord cela comme une insulte, la jeune femme se prendra finalement au jeu de fournir ce cabinet avec de minuscules objets commissionnés, ou non, auprès du miniaturiste. Étrange personnage, l’artisan aura toujours un coup d’avance sur les mésaventures du foyer, au point de percer à jour de dangereux secrets…

 

Photo du Rijksmuseum – photo prise lors de mon voyage à Amsterdam en 2016.
La maison de poupée de Petronella Oortman exposée au Rijksmuseum.

 

 

 

 

 

 

 

 

Jessie Burton a été inspiré d’une histoire vraie pour l’écriture de son premier roman. La maison de poupée de Petronella Oortman est exposée au Rijksmuseum, musée national néerlandais, à Amsterdam. C’est lors d’un voyage dans la capitale hollandaise que l’auteure s’est prise de fascination pour cet objet. Après de nombreuses recherches autour de l’ancienne propriétaire ainsi que de l’époque, Jessie Burton a su réécrire l’histoire du cabinet. Attention cela dit, il ne s’agit pas d’une biographie romancée – bien que l’auteure se soit inspirée de la vraie Petronella Oortman et de la vie qu’elle a dû menée, la majorité des faits sont fictifs. Il n’était pas rare pour les femmes de l’époque d’avoir ce genre de maison de poupée chez elles, il s’agissait alors d’une activité mondaine qu’il faisait bon vivre d’exhiber à ses convives. Le but étant bien évidemment d’en avoir une plus belle et plus fournie que celle des autres.

 

Un livre un peu trop féministe ?

Alors qu’un article du journal The Guardian critiquait vivement cet ouvrage, le jugeant trop irréaliste, je l’ai quant à moi trouvé relativement juste. Certes le personnage de Petronella est peut-être un peu trop indépendant et féministe pour l’époque, mais il est bien expliqué au début de l’ouvrage, que Amsterdam était l’une des rares villes d’Europe (si pas la seule) dans laquelle il était toléré que les femmes déambulent seules. Il était d’ailleurs assez drôle de visualiser certains des lieux où se rendaient les personnages, pour y avoir moi-même mis les pieds il y a quelques années. J’en profite d’ailleurs pour vous recommander vivement de visiter Amsterdam si vous en avez un jour l’occasion, et bien sûr de vous rendre au Rijksmuseum afin de voir la maison de poupée de Petronella de vos propres yeux ! J’aurais adoré avoir lu cet ouvrage à ce moment-là pour la voir ensuite au musée. Là où je voulais en venir à la base, c’est qu’il est vrai qu’il pourrait être reproché à Petronella d’être un poil trop féministe pour son époque. Il faut dire qu’au XVIIème les femmes n’avaient pas vraiment lieu d’être indépendante, et encore moins de posséder leurs propres opinions. Et pourtant, ce n’est pas la maîtresse de maison qui serait le plus à tort dans cette histoire, mais plutôt sa belle-soeur. En plus du couple de jeunes mariés, la maison Brandt abrite également Marin Brandt, soeur de Johannes, et leurs deux domestiques Otto et Cornelia. Dès l’arrivée de Petronella dans leur demeure, le tempérament bien trempé de Marin se fait ressentir. Elle qui a toujours tenu les rênes du foyer en l’absence de son frère, elle doit apprendre à passer la main à la nouvelle Madame Brandt. Elle n’a jamais souhaité se marier, visualisant le mariage comme un emprisonnement de la femme. Une vision effectivement peut-être un peu trop récente pour l’époque, mais cela ne me choque pas, au contraire. J’espère bien que justement même en 1686 les femmes se questionnaient et se révoltaient déjà à leur manière quant à la surprésence des hommes, tous domaines confondus. Un peu d’émancipation ne fait pas de mal – d’autant plus que le personnage principal n’étant âgé que de dix-huit ans, on peut s’imaginer que ce sont davantage des jeunes femmes de cette tranche d’âge qui liront l’ouvrage.

 

Le miniaturiste sur petit écran

Lors de mes recherches pour cet article j’ai eu la surprise de découvrir que Le Miniaturiste avait une adaptation télévisée. Celle-ci a été produite et diffusée par le réseau de chaînes américaines PBS pour Noël 2017.

Le cast principal de la mini-série Le Miniaturiste – Paapa Essiedu, Hailey Squires, Anya Taylor-Jor, Alex Hassel et Romola Garai.

 

Bien que des changements aient été effectués, comme à chaque adaptation, il semblerait que la série respecte en grande majorité l’intégrité de l’ouvrage. L’auteure elle-même s’est d’ailleurs prononcé à ce sujet en expliquant qu’effectivement, lorsque l’on change le support de diffusion d’une histoire (ici en l’occurence passer d’un livre à une série) il faut parfois faire des concessions, et parfois approfondir certains aspects. Ce qui a notamment été développé ici fut le caractère de certains personnages, car il est vrai que le roman se concentrait davantage sur les actions que sur la personnalité des héros de l’histoire.

La mini-série composée de deux épisodes de 90 minutes chacun a été rediffusée en ce début septembre 2018 sur la chaîne BBC. Malheureusement pour nous, une diffusion en France ne semble pas prévue pour le moment. Cela dit, ne perdons pas espoir car quelques pays européens y ont eu droit au cours des derniers mois. Avec un peu de chance, ce sera bientôt notre tour aussi ! Sur ce, j’espère vous avoir donné envie de découvrir cette lecture par vous-même, et si vous l’avez déjà lu, ou vu, n’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé en commentaires.

Culturellement,
Pauline.

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