Classique du mois : JAN. 19

Comme beaucoup, en début d’année, je me concocte une liste de résolutions évidemment inatteignables. En 2018, j’avais mis sur cette liste le fait de lire une oeuvre classique par mois, en plus de mes lectures habituelles, et de vous les partager sur le blog. Vous n’en avez aucun souvenir, n’est-ce pas ? C’est normal, la seule fois où j’ai suivie cette résolution c’était au mois de janvier 2018. Alors me voici de retour avec cette même résolution, que j’espère bien tenir cette fois-ci… Allez, on y croit ! On y croit, mais je me retrouve quand même à poster ma critique de janvier en février. Cette série commence vraiment très bien.

Quoiqu’il en soit, j’aurai au moins atteint mon objectif pour le mois de Janvier 2019, puisque j’ai lu Oliver Twist de Charles Dickens. Bien que je connaissais les grandes lignes de cet ouvrage, je ne l’avais jamais lu. Ce fut donc une première découverte pour moi, et un grand plaisir à la fois. Ce ne fut pas exactement l’histoire à laquelle je m’attendais, mais elle m’a malgré tout fait passer un très bon moment de lecture.

Charles Dickens

Avant de vous parler de ma lecture j’aimerai adresser quelques mots sur l’auteur, Charles Dickens. Cet auteur britannique du 19ème siècle a laissé un héritage littéraire au monde relativement important. Parmi ses oeuvres, il n’y en avait que deux que je connaissais avant d’entamer cette lecture. La première s’intitule Un chant de Noël et comme son titre l’indique, il s’agit s’un conte de Noël. Il me semble l’avoir lu l’année dernière ou la précédente, et j’en garde un assez bon souvenir dans l’ensemble. C’est une nouvelle, ce qui laisse donc peu de place pour le développement des personnages et une intrigue plus poussée. Ceci dit, accompagnée d’une bonne tasse de thé ou d’un bon chocolat chaud et d’un plaid, c’est une excellente lecture à faire au pied du sapin durant les fêtes de fin d’année. Quant à la seconde, il s’agit de Nicholas Nickleby, un des plus grands romans et plus gros succès de l’auteur – essentiellement car sa sortie a accompagné celle d’Oliver Twist. Je ne peux pas me vanter d’avoir lu cet ouvrage de 1000 et quelques pages (pour l’édition Penguin Classics), mais uniquement d’avoir joué l’un des personnages dans une adaptation théâtrale au lycée.

Pour en revenir à l’auteur en lui-même, il était à la fois romancier, écrivain de très nombreuses nouvelles et articles, tout cela en y alliant une passion pour la dramaturgie qui l’a poussé à écrire et mettre en scène ses propres pièces, et parfois à monter lui-même sur les planches.
La plupart de ces oeuvres, notamment ses romans, ont été publiés sous la forme de feuilletons, parfois hebdomadaires, parfois mensuels, ce qui lui permettait alors d’ajuster l’histoire et la destinée de ses personnages selon les retours et critiques qu’il recevait. Autant dans sa vie que dans son oeuvre il a été un fervent défenseur du droit des enfants et de l’éducation pour tous – deux causes que l’on retrouve largement dans Oliver Twist.

Oliver Twist

George Cruikshank

Oliver Twist est un jeune orphelin qui se retrouve perpétuellement dans les pires situations, le plus souvent par mégarde. Son entourage n’est pas toujours des plus fréquentables ce qui lui cause de nombreux troubles, y compris auprès des autorités.
À la suite du décès de sa mère, morte en couche, il a été placé sous la garde de l’hospice paroissial où il subit, tout autant que ses compères, un traitement peu avenant et surtout affamant. En effet, les enfants n’avaient le droit qu’à de très faibles portions de nourriture par repas, et lorsque Oliver Twist se retrouve poussé par ses camarades à aller demander un supplément, il finit par devenir la victime favorite de ses gardiens, qui souhaitent à tout prix se débarrasser de lui.
Après avoir été placé sous la tutelle d’un croque-mort, il participe à la confection de cercueils, et à l’organisation d’enterrements. Ne supportant plus la manière dont il est traité dans sa nouvelle maison ainsi que le travail qui lui est imposé, il fugue en direction de Londres, espérant y trouver un meilleur avenir. Et si sa première rencontre ne fut pas celle de Dodger, peut-être y serait-il parvenu. Dodger est un jeune garçon qui fait mine de prendre Oliver sous son aile, en le voyant arriver dans cette grande ville sans connaître ni lieu où dormir ni personne. Il l’emmène alors chez son patron, qui n’est autre que Fagin, un homme assez âgé qui emploie plusieurs enfants dans son réseau de pickpockets, dans lequel Oliver se retrouve impliqué malgré lui.

J’ai pour ma part lu ce roman dans sa version originale dans l’édition Penguin Classics, dont vous commencez sûrement à connaître tout l’amour que je lui porte. J’aime énormément cette collection, les couvertures sont simples mais élégantes et contiennent toujours un indice quant à l’histoire qu’elle renferme. Elle contient une préface de l’auteur, mais comme pour de nombreuses préfaces, je regrette un peu de l’avoir lu. Ou du moins de l’avoir lu avant de m’atteler à la lecture du roman, car elle donne selon moi bien trop d’indices et de spoilers sur l’histoire.

Cet ouvrage compte 51 chapitres, qui ne sont pas numérotés mais comportent chacun un titre indiquant au lecteur en quelques mots ce qui s’y déroulera. Pourquoi pas. Mais cela a gâché quelques uns des chapitres pour moi, car le précédent nous laisse dans le suspens, et certes on veut connaître la suite des évènements, seulement on n’a pas finalement besoin de lire le chapitre suivant puisque son titre nous indique déjà la réponse à nos questions. Un très bon point sur cette édition ceci-dit, mais qui je pense ne lui est pas réservée, c’est qu’elle comporte au début de l’ouvrage une liste des personnages et leur rapport aux autres, sous la même forme que l’on peut trouver dans les pièces de théâtre. Cela m’a souvent été utile car certains personnages utilisent plusieurs pseudonymes et d’autres ne font qu’apparaître et disparaître et ne revienne qu’une fois qu’on a eu le temps d’oublier de qui il s’agissait.

Cette oeuvre de Dickens s’attarde sur les violences faites aux enfants et notamment l’abus moral dont certains adultes peuvent faire usage sur eux. Oliver Twist offre une morale à son lecteur dès le début de l’ouvrage, pas besoin d’attendre le dénouement pour la découvrir. Cela permet selon moi de la mettre davantage en avant, du moins dans cette histoire en particulier. Plutôt que d’utiliser une chute, Dickens a choisi la répétition d’évènements pour dévoiler la facilité d’influencer l’avenir d’un enfant, qui n’a même pas demandé de venir au monde, en utilisant la violence, les menaces, les punitions, … Lorsque cet enfant, Oliver, n’a d’autres choix que d’obéir au risque de se retrouver à la rue, sans rien ni personne, il se retrouve alors complice des méfaits de Fagin et sa bande. L’auteur prouve ainsi que l’entourage d’un enfant décide énormément de ce qu’il adviendra de son avenir, et de sa personnalité. Car en effet Oliver parviendra à plusieurs reprises à s’échapper des griffes de ce gang, et goûtera alors à la bienveillance d’un tout autre type d’entourage pour quelques temps avant de se faire rapatrier chez ses anciens « propriétaires » – pour fait qu’il est traité tel un objet qui est vendu et revendu à maintes reprises à différents foyers.

Il ne s’agit selon moi pas d’une lecture à faire à un enfant cependant, bien que cela puisse l’aider à comprendre à qui il faut ne surtout pas faire confiance etc, car elle est par moment relativement violente. Certaines scènes sont très crues, et pourraient éventuellement choquer un public non averti. Mais elle permet de faire prendre conscience aux plus grands que leurs actes ont souvent une influence bien plus large que leurs propres ambitions.

Adaptations

L’oeuvre de Dickens a connue de nombreuses adaptations. Ne serait-ce que théâtrale comme ce fut le cas pour Nicholas Nickleby dont je vous parlais un peu plus tôt. Mais les réalisateurs ne sont pas privés quant aux adaptations cinématographiques non plus. Oliver Twist a à lui seul connu pas moins de 7 adaptations filmiques. La plus récente a été réalisé par le célèbre Roman Polanski en 2005 sur un scénario de Ronald Hardwood. Ce roman a également connu des adaptations sous la forme de bandes dessinées, de séries télévisées, et de comédies musicales.

Culturellement,
Pauline

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