3 BILLBOARDS: les panneaux de la vengeance

3 BILLBOARDS: les panneaux de la vengeance

Pas encore sorti en France que ce film avait déjà reçu plus d’une cinquantaine de nominations et raflé pas moins d’une quinzaine de récompenses, dont 4 Golden Globes incluant celui du « Meilleur film dramatique » ! Eh oui, rien que ça. Allons donc voir d’où peut bien provenir tout ce succès…

 

 

Tout ce que le synopsis de base nous apprend, c’est qu’une mère ayant soudainement perdu sa fille cherche à faire bouger l’enquête qui stagne depuis des mois auprès des autorités locales. Des circonstances dramatiques, une mère qui se bat pour que justice soit faite ; en somme un bon scénario mais devenu finalement assez banal dans le domaine des films dramatiques. Alors heureusement pour nous, Martin McDonagh a brillamment su complexifier le scénario de façon à le rendre intriguant au possible. Pour un film de 2 heures, on ne s’ennuie pas une seule seconde !

Les drames se succèdent – quand y’en a plus, y’en a encore – et bizarrement, les blagues aussi. Avec « 3 Billboards », Martin McDonagh a instauré un tout autre level de maîtrise de l’association d’émotions, et ce, sans jamais en faire trop. On rit, on pleure, on retient son souffle, on rit encore, on se révolte. Le jeu que Frances McDormand nous offre en interprétant Mildred Hayes est une pépite. Elle a su faire passer un panel d’émotions plus fortes les unes que les autres à l’écran: la dévastation, la révolte, la haine, le deuil, le je-m’en-fous-j’ai-plus-rien-à-perdre, tout ça sur un soupçon constant de sarcasme tellement plaisant. Tant qu’on ne l’a pas vécu, ce doit être impossible d’imaginer ce que perdre un enfant peut vous faire, et malgré cela, Frances McDormand nous aurait presque donné l’impression de nous-même perdre un proche. Pas étonnant qu’elle ait remporté le Golden Globe de la « Meilleure actrice dans un film dramatique » !

J’ai rarement vu un film dans lequel le réalisateur jonglait avec autant de drames. D’autant plus que les thèmes abordés sont d’une dureté sans pareil, mais aussi malheureusement très actuels, aka l’harcèlement, le racisme, le viol, l’homophobie, le meurtre, la violence policière, la maladie, …

Impossible de ressortir de la salle sans un pincement au coeur et un goût de trop peu en raison de la fin ouverte que nous propose le réalisateur. À chacun de voir si c’est quelque chose qui vous dérange ou non ! Pour ma part, j’ai trouvé cette conclusion forte, bien qu’ambiguë, puisque cela permet au spectateur de s’inventer la fin qui lui convient. Alors racontez-moi votre fin en commentaire, je suis curieuse de savoir comment cette histoire se termine pour vous!

Culturellement,
Pauline.

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